Améliorer son storyboard

Le storyboard est une étape essentielle dont j’ai déjà parlé plusieurs fois (ici, un peu ici, ici et ici par exemple). Petit retour par l’exemple sur une page future de La Prépa.

L’idée du storyboard est assez simple : plus on revient sur une page, plus elle va s’améliore en termes de mise en page et de narration. J’ai plusieurs objectifs en tête à chaque fois :

  • Une narration la plus fluide possible dans la page et entre les pages
  • Une variété graphique et éviter la répétition des mêmes plans et expressions des personnages.

Comme j’ai déjà publié une première version de la page 2 de Jotunheimen, je vais reprendre la conception de la page. D’abord, évidemment, le scénario. Je présente ici la première version, avant le storyboard.

Au départ, j’envisage une version de la chambre d’internat sous les toits (qui existe réellement dans le lycée où se passe l’histoire). J’ai vite compris que graphiquement, ça allait être très compliqué à gérer, ne serait que pour l’agencement des meubles…

Une fois cela mis de côté, je réalise le storyboard suivant :

Comme ça, on pourrait se dire que ça fonctionne. La première case pose le nouveau décor (la première page se passe ailleurs) et les personnages. Le problème est que les pages 3, 4 et 5 sont construites sur le même format : Marion et Chloé papotent ensemble. Et en pages 4 et 5, elles sont  même de retour dans leur chambre ! Du coup, tout changement de vue est bon à prendre…

Je décide alors d’opter pour une première case différente : on verra la valise de Chloé et celle-ci parlera en voix off. La deuxième case est suffisamment explicite pour que l’on comprenne que c’était Chloé qui parlait. De plus, la case mais l’accent sur l’installation des filles, sujet de cette scène.

Autre souci : le storyboard est assez dégueulasse. Certes, le dessin permet de situer à peu près les personnages et leur position, mais les angles de vue sont simplistes. On ne voit pas vraiment les meubles, les mains, etc. Finalement, il n’apporte pas grand chose au scénario. Il permet juste de vérifier les positionnements des bulles (l’une des missions du storyboard).

Du coup, on repart sur une nouvelle version :

Cette version ne révolutionne pas la première, mais apporte des retouches essentielles :

  • En case 1 : La valise
  • En case 2 : Marion porte son linge
  • En case 3 : La vue est en plongée et dynamique la mise en scène
  • En case 5 : Marion est toujours de dos, mais on la voit ranger son linge.
  • En case 6 : Marion est debout face à Chloé (le but est de montrer aussi que Marion est plus grande que Chloé).

Ensuite, place à la page proprement dite, qui correspond à une sorte de 3ème storyboard. Bien entendu, le dessin s’affine, mais il est encore temps de changer des choses, ce qui arrive souvent.

Quelques changement à signaler :

  • L’ajout de la peluche en avant plan en case 5 pour donner de la profondeur
  • La bulle de Chloé en case 5 part vers la droite et non plus vers le bas (entre autre à cause de la peluche)
  • Lorsqu’elles se serrent la main, Chloé et Marion ne sont pas totalement de profil pour avoir une vue plus dynamique.

Comme c’est une planche de test, cela me sert d’ultime storyboard… Outre les erreurs de raccord que l’on s’est fait plaisir à ma signaler (les montres côtés droit puis gauche…), certains détails me gênent entre la case 2 et 3. Ces cases sont différentes dans le storyboard, beaucoup moins dans la planche. J’ai, en effet, changé la position de Marion. Ainsi, elle est assise (même si ça ne se voit pas) en case 2, puis debout en case 3. Ce qui fait qu’on passe d’un plan « droit » à une plongée. Or, sur la planche dessinée, la case 2 est aussi en plongée. Certes, moins, mais elle l’est quand même.

Cette erreur me sautant aux yeux, elle sera corrigée dans la version finale. J’aimerais aussi que l’on voit plus clairement que Chloé est à genoux, ce qui n’est pas flagrant dans la page (beaucoup plus dans le storyboard).

On peut voir que créer les cases d’une bande dessinée est un travail où chaque étape se doit de bonifier l’ensemble, avec le risque de le faire régresser. Car une planche de bande dessinée, c’est à la fois composer les cases individuellement et dans leur ensemble. Si une case peut paraître réussie, elle ne le sera réellement que si elle fonctionne bien avec les autres…

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