Bilan de l’exposition 1

Il m’aura fallu quelques jours pour récupérer et digérer (aux sens propre et figuré) l’exposition MÉT4MORPHOSES. Il est l’heure de tirer le premier bilan de ce qui restera ma première exposition.

Se penser illustrateur

Pourquoi une exposition ? C’est suite à l’exposition Azhar de Stoon au Welcome Bazar que ce dernier me propose d’exposer à mon tour là-bas. Cependant, plusieurs facteurs m’effraient :

  • Le manque de qualité de mes illustrations
  • Le petit format de mes illustrations
  • La quantité d’illustrations à fournir (plus de quarante) pour garnir la galerie
  • L’investissement financier dans l’achat des cadres (plus de quarante)
  • La peur de ne rien vendre et que cela me déprime.

Suite à nos discussions, Stoon propose alors une exposition collective avec Le Pueblo et Joe Skull, que nous avions rencontrés lors de divers festivals BD. Ce sont de véritables illustrateurs, avec des qualités de composition incomparable. Cela permet de répondre à plusieurs de mes doutes, puisqu’on partirait sur 12 illustrations à réaliser. Et comme on décide de ne pas fixer de thème global, je ne me sens pas restreint. Je vais pouvoir faire ce que je veux et, surtout, ce que je sais faire.

Dans les faits, malgré les doutes, c’était une opportunité à ne pas manquer. D’autant plus que la période était parfaite : j’étais entre deux projets BD et j’avais le temps de dessiner autre chose.

Finalement, cette démarche allait de paire avec la création de mon compte Instagram : accepter de présenter mes dessins pour ce qu’ils sont et pas uniquement pour ce qu’ils racontent.

La progression

Une fois mon thème déterminé et la date choisi, j’affronte le blocage de la pression. La peur de rater mes illustrations, qu’elles ne soient pas à la hauteur me bloque. Je pars sur l’idée de dessiner sur un format A4, plus grand que celui que j’utilise d’habitude. L’idée est de faire des tableaux plus grands, car le format 18x24cm me paraissait trop petit pour être vendu.

Je démarre alors un première illustration, La Rockeuse, sur un format A4. Je passe beaucoup de temps au dessin, à corriger mon crayonné. Je sens que le stress me cisaille. Connaissant le niveau des autres participants, ça n’arrange rien à la pression. Le dessin, ça marche aussi à la confiance. Mais après encrage, voilà qu’une grosse trace noire vient pourrir le dessin. Il est foutu, il faut le refaire !

J’utiliserai le dessin raté pour tester les couleurs de cette illustration.

Comme je suis déjà ricrac en terme de délai, c’est une catastrophe. Hasard du calendrier, je rencontre Joe Skull et Stoon pour parler de l’exposition ensemble. On y parle de ce que l’on va faire (technique, thème, format…). Je leur fait également part de mes doutes. Ils me rassurent et me conseillent de dessiner avant tout sur un format que je maîtrise. Au retour chez moi, je décide de recommencer mon illustration sur un format plus petit. Cela m’empêche de le refaire à la table lumineuse, mais le mieux est l’ennemi du bien. Ce sera aussi l’occasion de le recadrer.

En m’amusant à faire ma signature façon tatouage, je déciderai d’intégrer de la même façon toutes mes signatures dans les illustrations.

J’ai aussi vu cette exposition comme un moyen de progresser et d’améliorer ma technique en vue de La Prépa en travaillant l’aquarelle. J’avais pour idée d’améliorer mes choix de couleurs. C’est la vidéo suivante qui m’a fait réagir cet été, juste avant que je me lance dans l’expo :

J’ai en effet souvent eu l’impression que de mettre certaines teintes pourrissaient mes aquarelles. C’est d’autant plus flagrant pendant le processus de peinture. À un moment, l’application d’une couleur « casse » l’harmonie d’ensemble.

Je me suis ainsi limité à un certain nombre de teintes dans les illustrations, tout en vérifiant leur accord AVANT de les appliquer… Cette façon de travailler, nouvelle, me parait tellement essentielle aujourd’hui !

Bien qu’inégal, ce travail sur les couleurs a été concluant et m’a fait passer un cap. Hélas, j’ai manqué de temps pour travailler les lumières (ce que je commence à faire actuellement). Difficile de tout changer en même temps !

Avant l’exposition, je pouvais être fier de mes productions. Certaines sont parmi les plus réussies que j’ai pu faire et, globalement, elles sont harmonieuses. Mais allaient-elles trouver acheteurs ?

5 réflexions sur « Bilan de l’exposition 1 »

  1. Toutes ces peurs sont normales avant une expo ! Tu n’as pas à rougir de ce que tu as proposé, je n’ai pas vu ces dessins « en vrai », mais sur le net, ainsi que les photos de l’expo, tout cela m’a paru de qualité.
    J’ai hâte de lire la suite, la « digestion » après une expo est en effet parfois difficile, car on fait souvent face à des commentaires (parfois gratuits et peu constructifs) qu’on aurait préféré ne pas entendre. J’espère que tout s’est bien passé, je regrette de ne pas avoir vu cette expo de mes yeux en tout cas. ;-)

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