L’adieu

Aujourd’hui, c’est la dernière épreuve du brevet. C’est fini, je ne les reverrai plus. C’est la der des ders. Ils s’en vont, et moi avec. Je quitte le collège, après vingt ans de longs et laborieux sévices. Il était temps. Je saturais de cet espace coincé entre enfance et adolescence, ces quatre années où les élèves régressent plus qu’ils ne progressent sous l’effets cumulé des hormones et des smartphones. J’ai assisté à leur dégénérescence. Les têtes trop grosses, les jambes trop courtes, les boutons d’acné mal percés, les cheveu gras et brillants, les vêtements préférés portés à outrance. J’ai observé leur corps changer, ils naviguaient dans la vallée de l’étrange, certains mantes religieuses, insectoïdes dégingandés, d’autres gnomes, hobbits, semi-hommes en attente d’une hypothétique poussée de croissance. Ils sont beaux à leur manière. Maladroits, mal à l’aise, mal dans leur peau, mal dans leur corps, avec leur voix qui vrille et hésite.

Ils m’ont rendu fou à n’écouter aucun conseil. À quatorze ans, on croit tout savoir, mais on ne sait rien. Ils se plaignent, crient à l’injustice à chaque réprimande. C’est la foire à la mauvaise foi. Au mensonge. À la désinformation. Ce sont des fake news ambulantes. Alors, pourquoi est-ce qu’aujourd’hui, dans cette salle de classe qui sent le renfermé et la sueur acide, je ressens de la nostalgie ? Une douce mélancolie m’enserre, comme si j’allais les regretter, eux qui m’en ont fait tant baver. Moi qui ai mis l’affectif sous clé à double tour, sens ma carcasse se fendiller, se craqueler, prête à s’effondrer. Pourtant, ce matin, je n’en regrette pas un. Ils vont partir, grand bien leur fasse. Mais je sais qu’ils changeront. Ils s’affirmeront, gagneront en personnalité, deviendront de beaux jeunes hommes et jeunes femmes, avec de l’ambition, des envies, des convictions et des projets qui donneront un sens à leur vie. Et j’espère que sur les 3000 élèves qui j’ai eu ici, certains se rappelleront de cette heure et demi de physique-chimie que nous avions chaque semaine. Et si pour un seul, juste un, cela aura été utile, alors mes efforts n’auront pas été vains.

Maux du collège

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Je vous présente aujourd’hui mon nouveau blog, absolument pas dessiné : Les Maux du Collège. Cela regroupe les citations d’élèves croustillantes que j’ai pu récupérer pendant mes premières années en collège. Je compte faire vivre ce blog grâce à chaque nouvelle génération d’élèves, mais aussi grâce à la participation d’autres enseignants. Si vous êtes professeur en collège, n’hésitez pas à m’envoyer vos perles ! Jusqu’à la fin de l’année scolaire, il y aura une nouvelle citation par jour (50 citations actuellement).Voilà quelques exemples :

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Concernant les résultats du sondage, je vous remercie d’avoir été si nombreux à y participer. Je remercie également ceux qui ont mis en commentaire leurs impressions plus précisément. Après réflexion, je me range du côté de Vertron. Ainsi, la newsletter est dissoute et va désormais être intégré article par article sur le blog. Le but est de permettre une meilleure lecture (nombreux sont les lecteurs qui m’ont déjà dit ne pas avoir le temps de la lire ou de la lire à moitié), mais également plus de pérennité sur le web. Ainsi, une interview serait trouvable sur les moteurs de recherche.

Je suis aussi satisfait de l’équilibre de votre intérêt pour les articles. Je fais donc sauter les critiques BD, qui sont publiées je le rappelle sur mon blog collaboratif Blog Brother.

Concernant les planches, je suis également l’avis de Vertron. Pour L’Éveil des Sens, je publierai donc les pages par deux désormais. C’est une révolution pour moi. Ainsi, la page 21 est terminée, mais j’attendrai de terminer la 22 avant de vous la proposer.

J’espère que ces menus changements n’auront pas d’impact négatif sur votre fidélité. Merci en tout cas à vous de me suivre avec autant d’assiduité !