Projets littéraires

Alors que le confinement a été un frein quasi-complet à mes écrits, mes vacances en randonnée m’ont permis une nouvelle fois de stimuler ma créativité et d’écrire en 2 semaines plus qu’en 4 mois…

J’en ai déjà parlé : j’écris surtout en déplacement : à pied, en métro, dans le train… Ces moments où le cerveau est libéré me stimulent. Ainsi, la randonnée avec ses heures à marcher est un puissant catalyseur. Sans compter qu’en vacances, sans ordinateur ni télévision, j’ai du temps pour écrire.

Petite revue de ce que j’ai bossé pendant ces 15 jours à la montagne, avec des extraits de texte compris.

Journal de bord

La première chose que j’écris, c’est mon journal de bord du voyage. Chaque jour, j’y raconte ma journée. Cette routine est plaisante. C’est l’équivalent de mon Journal d’un confinement en dessin. J’aimerais le faire tout le temps, même hors vacances, mais je ne prends pas le temps de le faire. Je ne voudrais pas non plus que cela devienne une contrainte. L’avantage de ces journaux de bord, c’est qu’ils me servent ensuite pour mes histoires. En effet, je m’inspire beaucoup de mes voyages pour écrire (Jotunheimen en est un bon exemple) et cela me permet d’y puiser des anecdotes que j’avais oubliées.

Ces journaux de bord sont très factuels. Ils n’ont absolument aucune ambition stylistique, narrative ou littéraire. Ce sont des textes que je ne réécris pas à l’ordinateur, je les laisse tels quels dans mes carnets.

Extrait du journal de bord où je parle justement de mes avancées sur mes projets littéraires

PATtAYA

Le projet sur lequel je travaille actuellement est Pattaya. Après avoir écrit beaucoup de nouvelles, de plus en plus longues, jusqu’à ma novella Le Sauna, Pattaya est un projet plus long, avec plus de personnages et plus de choses à dire. Ce sera certainement, si je vais au bout, mon premier roman. Le pitch :

Michel, professeur de lettres, prend une année sabbatique pour essayer de finir son roman. Son ami Serge lui propose de venir loger à Pattaya, Thaïlande, où il possède un appartement. Michel va découvrir l'horreur de ce haut lieu de la prostitution.

Les thèmes abordés sont la prostitution bien sûr, mais également la paternité et l’écriture. J’y parle beaucoup de littérature puisque Michel écrit et que sa fille est étudiante en lettres. Un des axes qui m’a permis d’enrichir le projet est que je l’ai combiné à l’après-confinement. En effet, Michel, après s’être posé beaucoup de questions suite à la pandémie et après avoir subi un divorce, veut changer de vie.

Le projet avance bien, relativement rapidement. J’ai noirci une quarantaine de pages dans mon carnet rien que pendant mes vacances.

Quelques extraits pour vous :

La foudre avait frappé l’immeuble en construction, à cinquante mètres au plus de la maison d’Anna. Les étincelles avaient jailli d’une poutre métallique. Je n’avais jamais connu une telle averse. Le ciel se déversait sur Pattaya avec une violence d’apocalypse. C’était Dieu détruisant Gomorrhe, punissant les hommes de leur luxure. C’était le grand nettoyage. J’espérais que cela ne finirait pas en déluge. Dans le bureau d’Anna, une pauvre bicoque ouverte sur une petite cour, j’étais terrifié. Les éclairs zébraient le ciel et je me voyais déjà foudroyé comme le chantier au coin de la rue.
Sous les coups de butoirs de Zeus, l’électricité avait sauté. Anna ne semblait pas s’en soucier. Visiblement, elle y était habituée. Elle scrollait sur son téléphone, attendant que son fils nous ramène Serge à bon port. De nos jours, il semblait plus important d’avoir accès à internet qu’à l’électricité.
Comme mon roman n’avait d’une ligne directrice ténue, je me contentais de petits passages, des impressions plus qu’autre chose. J’écrivais mon journal. Celui-là même que j’avais commencé dans les premiers jours du confinement.  Je l’avais cru exotique, empli d’embruns salés et de piment, d’odeurs iodées et de goûts de mangue. Il se révélait aussi piquant que du gingembre. Tout y transpirait le sexe. Il imprégnait tout. Il souillait les regards, les sourires et la moindre intention. Je compris vite qu’en tant qu’homme, seul, tout le monde me voyait comme un vulgaire touriste friqué et frustré en quête de chair fraîche. J’étais sali par procuration.
Lorsque j’étais sorti de confinement, j’avais redécouvert Paris et sa misère. Les éclopés, les migrants, les fous et les mendiants, les SDF et les drogués. Toute cette cour des miracles qui peuplait les rues de la capitale. Je m’étais pris une claque, la même que lorsque j’étais arrivé de ma province. J’avais réappris à l’accepter. Ne pas voir, ne pas entendre, ne pas sentir. Comment faire autrement ? Mais à Paris, les miséreux sont des accidentés de la vie. Ce sont ceux qui n’ont pas eu de chance, qui ont raté un virage ou fuit leur existence. À Pattaya, c’était des gamines saines de corps et d’esprit, envoyées par leur mère, leur père, leurs frères, une tante ou un oncle.

Le chemin des incas

Le chemin des Incas est un chemin menant au bout de 4 jours au Machu Picchu. C’est un chemin contrôlé qui ne peut se faire qu’accompagné d’un guide et d’un groupe. Ayant expérimenté au Pérou la randonnée de groupe, j’ai beaucoup de choses à en dire. J’ai donc travaillé sur les personnages, leurs relations à la randonnée et aux autres. Voilà le pitch :

X, meurtri par la mort de sa femme, part au Pérou faire la randonnée qu'elle rêvait de faire : le chemin des Incas. Une quête spirituelle gênée par la présence d'un groupe envahissant.

Je n’ai que peu écrit actuellement, mais je commence à m’attacher à certains personnages. Certaines scènes sont bien établies… Pas forcément de quoi faire un roman (la randonnée dure 4 jours !), mais une longue nouvelle comme Le Sauna pourquoi pas.

Allez un extrait des trois pages que j’ai écrites :

De nuit, Cusco scintillait. Les lumières de la ville s’étiraient sur les montagnes comme de la mousse sur les arbres. À cette heure matinale, la vision était surréaliste. La nuit profonde masquait la séparation entre le ciel et les montagnes. Seuls subsistaient ces tentacules luminescents. L’homme semblait avoir infecté le paysage.
Mon hôtel était situé en hauteur de la Plaza del Armas et je patientais face à ce spectacle féérique. Le froid était perçant et je fus rassuré de voir le guide monter les escaliers de la rue vers moi. Il m’expliqua qu’il était difficile pour le minibus de monter jusqu’ici et nous rejoignîmes les autres en marchant. Mon gros sac de randonnée, telle une carapace de tortue, pesait déjà sur mes épaules. Le véhicule était lui aussi équipé d’une excroissance. Sur le toit, de nombreux sacs en toiles étaient ligotés et recouverts d’une bâche. Devant mon sac, le guide était perplexe. Il n’avait pas prévu un tel monstre.

La BASSISTE

La Bassiste est un projet de roman qui n’a rien à voir avec mes voyages. Il est destiné à raconter mon rapport à la musique sur fond de vie en école d’ingénieur. Ce seront les deux sujets traités. Le personnage principal étant une jeune fille, ce sera l’occasion de faire part de mes penchants féministes.

Après deux ans à travailler d'arrache-pied en classe préparatoire, Émilie découvre l'école d'ingénieur : les copains, la fête, les clubs... et la musique. Mais c'est aussi un monde plein de dangers et elle va le découvrir à ses dépens

Je suis déjà très attaché au personnage, bien que je n’ai pas écrit grand chose. J’ai surtout conçu l’histoire, le plan, les personnages. Ce sera pour moi l’occasion de parler de musique, puisque j’y ai un rapport très fort, tant en tant qu’auditeur que de musicien. J’imagine que vous ne serez pas étonné de savoir que dans ma jeunesse, j’ai composé quantité de chansons.

Des extraits écrits pendant mes vacances :

Lorsque le refrain commença, ma voix changea. Une boule se forma soudain dans ma gorge et mon chant devint plainte. Un trémolo venu du fond de mes tripes, comme du cristal qui vibrerait sur le point de se briser. Des mois de souffrance jaillissaient. Tout était devenu noir autour de moi, je ne voyais plus rien. Je me retenais de pleurer, d’éclater en sanglot. Il n’y avait plus que moi. Moi et Thom Yorke.
Un mec m’aborda alors que je passais. Un marginal, puant la clope et l’alcool. Un de ces punks à chien qui parasitaient le centre de Montpellier.
— Qu’est-ce qui t’es arrivé au visage, ma belle ?
Il avait posé sa main crasseuse sur mon épaule. Je me dégageais, continuant à avancer, tâchant de l’ignorer.
— Hé ! Je t’ai posé une question !
Je pressais le pas. Comme toujours. Et alors les insultes fusèrent. Encore et toujours.
— C’est ça ! Casse-toi, sale pute ! Espèce de monstre !
Je serrai la mâchoire à m’en faire mal et filai vers mon immeuble, mon havre, mon refuge. Je montais les marches quatre à quatre et claquai la porte de mon appartement derrière moi. J’étais en sécurité. Je m’aperçus alors que je pleurais.
Monstre.
Monstre !
J’étais un putain de monstre !
Je hurlais dans le noir, d’un cri que je ne me connaissais pas. Puis je m’affalai par terre, vidée, sanglotant sans pouvoir m’arrêter.

HIGHLANDS

Ceux qui ont lu mon précédent bouquin se doutent que je suis allé en Écosse. Cependant, j’ai vécu beaucoup de moments particuliers dans le nord des Highlands qui me restent dans un coin de la tête. J’avais notamment envisagé une suite de Jotunheimen qui se passerait là-bas.

J’ai un projet qui mixerait deux thèmes : les Highlands, sauvages, pluvieux et dangereux en premier. Le deuxième serait de choisir un personnage féminin qui marcherait seul avec tout les dangers que ça comporte également.

Pour cette histoire, j’ai déjà beaucoup de scènes et de situation. Ce serait une nouvelle avant tout. Reste à lui trouver un axe plus fort et développer le personnage principal. Car si je parle de gens qui randonnent, si souvent, ce qui m’intéresse aussi ce sont leurs motivations et ce que cela leur apporte.

Un projet embryonnaire. Certainement celui que j’ai le moins de chance d’écrire un jour ! La preuve : je n’ai aucun extrait à vous montrer.


Il faut savoir que tous ces projets ont souvent comme thème sous-jacent la création. Si je vais au bout de ce que j’ai prévu, j’aurais 3 romans sur 3 arts :

  • Pattaya sur l’écriture
  • La Bassiste sur la musique
  • L’Exposition permanente sur la peinture

Pour rappel, L’Exposition permanente est mon premier véritable projet de roman que j’ai démarré. Il est le plus avancé, mais je tiens à finir des romans plus courts auparavant. Il est donc actuellement en pause.


Voilà pour ces projets. Le prochain projet, ce sera Le Sauna dont je travaille la mise en page actuellement. Avec la novella en elle-même, un recueil de textes d’atelier, mais aussi d’autres nouvelles. Publication prévue courant septembre. Je vous en reparlerait d’ici-là bien sûr.

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