Mila

Aquarelle et crayon, 24×18 cm

Le Pueblo a lancé un Draw this on your style challenge où il faut redessiner son personnage de Mila de son projet La Fabrique. Ce projet de BD, qu’il porte depuis des années, vous pouvez le soutenir sur Ulule. J’ai pris plaisir à vieillir et dessiner en mode réaliste son personnage ! Voilà la référence :

Pour rappel, j’avais exposé en la compagnie du Pueblo il y a… presque 3 ans. Le temps passe vite.

Un nouveau départ ?

Bonjour à tous. La semaine dernière, j’ai lancé les commandes de mon livre Le Sauna. J’imaginais qu’en publiant régulièrement des textes sur ce blog, j’aurais titillé la curiosité de mes lecteurs. Or, je n’ai enregistré aucune vente au-delà de mon cercle de connaissances. En soit, c’est un bel échec.

Je vous cache pas que ça m’a mis un bon petit coup derrière les oreilles. Je comprends bien que mes lecteurs viennent lire ici avant tout de la bande-dessinée, mais pour moi, mes créations font partie d’un tout : dessins, peintures, BD et textes. Elles abordent les mêmes thèmes. C’est pourquoi je publiais tout ici. Comme Le Sauna prend le même chemin que mon précédent bouquins Chemins détournés, je vais laisser de côté mes textes pour ce blog et chercher à me créer un nouvel avatar 100% littéraire : Alexis Garehn (le nom du personnage de Jotunheimen).

Avant de me lancer dans une fastidieuse campagne de promotion de mes écrits sur les réseaux sociaux, j’ai démarré un simple compte Facebook où je publierai extraits de textes, haïkus et ce genre de choses. Ce n’est pas une simple page de fan, vous pouvez m’ajouter comme ami. Je tente une nouvelle façon de faire.

Mais je vous laisserai pas avec ce discours un peu aigri ! Voilà ma dernière aquarelle en date :

Aquarelle & crayon

Sixties girl

Aquarelle & crayon
22×13 cm

Nouveau portrait au crayon et à l’aquarelle. Je commence à avoir la technique bien en main. J’aime beaucoup les résultats. Cela me permet de mieux contrôler les traits des visages notamment.

Tout cela n’est qu’une préparation à ma future œuvre majeure : La Cène !

La Cène – Crayonné en cours – 30 x 40 cm

Immatériel

À l’atelier, le nouveau thème était de décrire un voyage immatériel qui aurait une influence sur la destinée de personnages… Le texte qui nous a été présenté comme exemple racontait le trajet de l’odeur du pain venu d’une boulangerie…

Je vous laisse découvrir le texte que j’ai écrit avec, en prime, un petit dessin qui n’a rien à voir !


Elle ouvrait sa fenêtre à vingt heures. Comme nous tous. Alors, les cris fusaient au milieu des applaudissements. La rue s’animait quelques instants, puis le silence retombait. C’était comme un signal pour elle. Nous retenions notre souffle et la première note vibrait. Une simple note de piano qui trouvait écho dans nos cœurs blessés. Ce soir, elle avait choisi Chopin. Elle ne jouait pas pour nous remonter le moral. Elle jouait la mélancolie. Elle nous rappelait le monde d’avant, sans confinement, sans cet enfermement qui nous rongeait les sens. Sa musique passait par la fenêtre, pénétrait dans nos salons, louvoyait lentement et prenait possession des lieux et de nos âmes. Une fois qu’elle nous avait capturés, elle ouvrait une nouvelle fenêtre vers un monde interdit, un monde du passé qui sombrait dans l’oubli.

Un déluge de notes résonne, pour une tempête sauvage. Au milieu de la nature hostile, sa musique me fouette au visage, comme le vent furieux des glaciers. Je sens les éléments, ils se déchaînent contre moi. Accroché à mon bâton, j’avance pas à pas. Je courbe le dos, baisse la tête vers le sol en signe de soumission. C’est si fort. Si brutal. Je me sens si vivant ! J’existe. Je suis un homme, minuscule au milieu de la Création. La montagne rugit autant qu’elle gémit. Elle chasse l’importun. Et pourtant, je marche. Vers où ? Vers le bout du chemin ? Ou vers la gueule du loup ? Je n’en sais rien.

Deux notes hésitent et se brisent. C’est l’accalmie. Les nuages se séparent et s’ouvrent sur la vallée. C’est la beauté pure du monde. Virginale. Originelle. Et je me mets à pleurer. Des larmes comme un soulagement. Est-ce la fin du voyage ? Mais la musique s’emballe, virevolte et devient grave. Le tonnerre gronde. Ce sont des coups de butoir vers un final grandiose. J’ai peur d’être foudroyé tant la musique résonne. C’est ma prison qui vacille, menace de s’effondrer sur moi. J’ai envie de crier, mais ma gorge est nouée.

Dans un dernier sanglot, la musique se tait dans un silence gêné. La nature ravagée, le calme est retombé. Je reste quelques instants sans bouger. La rue reste muette. Elle est apaisée. Pas un bruit ne vient plus la troubler. Je me suis assis sans même m’en apercevoir. Mon corps est épuisé, il est plein de larmes. Je me relève, je ne peux plus rester assis, enfermé entre mes quatre murs. Je ne peux pas attendre le monde d’après, le monde d’avant ou celui de maintenant. Je veux un nouveau présent. Il faut que je me sorte de là. Que j’agisse. Que je vive !

Je m’habille, chausse mes baskets et ouvre la porte d’entrée d’un grand geste. L’extérieur. C’est devenu l’inconnu. Un monde hostile où l’on avance masqué. Je prends mon courage à deux mains et monte à l’étage. Ce n’est qu’un petit voyage pour une grande aventure.