Anamnèses

La dernière séance à l’atelier d’écriture a été compliquée pour moi. Il fallait écrire des anamnèses, d’inspiration Roland Barthes. Ce sont des fragments de mémoire, rappelant des souvenirs, mais sans lyrisme… Bref, n’étant pas particulièrement nostalgique et aimant écrire avec lyrisme et faire vibrer l’écriture, l’exercice était compliqué (pour moi, comme pour beaucoup d’autres !)

Une anamnèse en BD ?

Dans mon lit, à minuit. Sur le toit, j’entends tomber la pluie. L’orage sévit. Je suis à l’abri.

La lumière s’éteint. La télévision s’allume. Je me blottis contre ma grand-mère. Ce soir, c’est mon tour.

Douce et câline, compagne de mes nuits, ma peluche koala.

L’odeur du gingembre. Le piquant du piment. La sueur sur le front et le nez qui dégorge. Curry vert au poulet.

Au bureau, dans le noir, éclairé par une simple lampe, je travaillais jusqu’à minuit. Comme seule consolation, des meringues. Trempées dans le Nutella.

La cafetière était posée au centre de la table. Les cartes s’étalaient autour. Un carnet griffonné tenait les scores depuis le début des vacances. Je gardais la tablette de chocolat à côté de moi. Je devais surveiller Tonton.

Des routes vallonnées entourées de forêts et de prés. Des voitures plus rares que les vaches qui broutaient. Et moi, sur mon vélo, qui les dérangeais.

Le goût est fort, piquant et brûlant, amer et sucré. La première gorgée de bière. Ma mère n’apprécie guère. Ce ne sera pas la dernière.

Un croûton de pain frais, garni de beurre, trempé dans le chocolat chaud. Retour de promenade.

L’odeur du linge à laver.
Le goût des pâtes au gruyère.
Le bruit du bar d’en bas.
La couleur jaune des murs.
Le toucher d’une jeune femme.
Ma chambre d’étudiant.

Alcool et sueurs. Soirées folles et torpeurs. Un samedi soir à Montpellier.

Se lever à midi.
Manger à quatorze heures.
Nausées l’après-midi.
Couché à vingt-deux heures.

Se lever à midi.
Manger à quatorze heures.
Nus tout l’après-midi
Coucher jusqu’à plus d’heures.

Éclairés par les spots, devant une salle pleine à craquer, je ne peux pas les voir, mais les entends crier.

Je marchai dans la nuit à la lumière des lampadaires. Le vent frais me tenait éveillé. Encore deux kilomètres avant mon lit douillet.

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